C’est fou comment les choses évoluent rapidement. Tout était tranquille juste avant la semaine de relâche. Les gens vaquaient à leurs occupations. Là, tout semble exploser! La COVID-19 domine les manchettes, les écoles sont fermées, les gens sont prêts à se battre pour du papier de toilette et… les marchés chutent.
Bien sûr, je ne pouvais manquer l’occasion de parler de cette dernière situation. Je comprends : voir ses placements fondre fait autant peur que la pandémie en cours. Dans cette optique, je vous propose ce billet pour vous rassurer et partager ma vision du récent recul du marché.
1- Rien comme un conseiller ou un planificateur pour y voir clair
Lorsqu’un événement aussi important survient sur les marchés, il convient de parler à un professionnel financier pour y voir clair. Il est là justement pour vous orienter dans tout ce casse-tête infernal. À l’ère de la distanciation sociale, certains peuvent même vous rencontrer virtuellement grâce à la vidéoconférence.
Je peux certainement vous partager mes réflexions sur le sujet, mais si un conseiller ou un planificateur financier me contredit, vous devriez suivre ses conseils. Ici, je ne vous propose que quelques pistes de réflexion qui ne sauraient s’appliquer à tout un chacun.
Oh, et aucune entreprise ne commandite mon blogue. Vous pouvez donc me croire sur parole quand je dis qu’un conseiller est la meilleure personne pour vous aider.
2- Nous ne sommes pas encore en récession
On parle habituellement de récession lorsque le produit intérieur brut (PIB) d’un marché donné (par exemple le Canada) recule pendant deux trimestres consécutifs. Avant de parler de récession, nous devrons donc attendre en juin pour pouvoir l’affirmer.
Les baisses que nous vivons actuellement sont étroitement liées à la COVID-19, un événement qui, espérons-le, sera de courte durée. Heureusement, la situation en Chine s’améliore et nous pouvons espérer qu’il en sera de même pour les autres pays durement touchés. Il se peut que les marchés à l’échelle mondiale reprennent de plus belle après le paroxysme de la pandémie. Ce serait merveilleux dans les circonstances!
3- La COVID-19 est le détonateur des baisses actuelles, pas les explosifs
Depuis que mon conjoint et moi avons fondé notre entreprise de traduction financière en 2017, nous traduisons beaucoup de textes qui parlent tout particulièrement du risque de récession. La majorité des professionnels sont d’accord : la récession va arriver un jour ou l’autre. Certains parlaient de 2018, d’autres de 2019 (puis ils étaient dans le champ, visiblement!).
Il serait si tentant de dire que la COVID-19 a causé la chute des marchés, mais ce n’est pas tout à fait exact. Sur un site de démolition, un détonateur ne sert à rien tant que les explosifs ne sont pas placés. Les marchés vont bien depuis plus de 10 ans, puisque les politiciens et les banques centrales s’affairent à les tenir artificiellement en position de croissance. Il s’agit là d’une période exceptionnellement longue. Pas besoin de vous dire que les intervenants du marché ont, malgré eux, posé des explosifs.
Il ne suffisait que d’un événement majeur pour que tout s’effondre. Ça aurait pu être l’entrée au pouvoir de Bernie Sanders chez nos voisins du sud, une guerre entre l’Iran et les États-Unis ou même la chute des prix du pétrole. Nope! C’est la COVID-19 qui remporte la palme.
À retenir : les baisses de marché, voire une récession, sont prévues depuis bien plus longtemps que l’arrivée de la COVID-19. La pandémie a pris tout le monde par surprise, mais pas la chute du marché.
4- Continuez à investir, mais intelligemment
Ça peut sembler contre-productif d’investir quand les marchés perdent en vitalité. Ces baisses sont cependant de courte durée par rapport aux périodes de croissance. C’est lorsque les marchés chutent que les bonnes occasions de placement surviennent. Après tout, les marchés finiront par reprendre un jour et la majorité des grandes entreprises ne feront pas nécessairement faillite. Il faut simplement faire preuve de patience. Vous continuerez aussi à profiter des avantages des REER, par exemple, qui permettent de réduire votre revenu imposable.
Le plus important, c’est de ne pas céder à la panique et de ne pas tout vendre. Lors d’une chute aussi rapide et brutale, une bonne partie des pertes est déjà encaissée. Vendre ses placements pour éviter de perdre davantage peut au contraire nuire, car on ne peut prédire quel placement va résister aux baisses : même les obligations (réputées être plus sécuritaires) se comportent bizarrement depuis quelques années.
Je vous invite une fois de plus à en parler à votre conseiller ou planificateur financier pour connaître les choix les plus appropriés pour vous.
5 – Une récession ne frappe pas tout le monde avec la même intensité
Heureusement, dans les textes que j’ai traduits, rien n’indique que nous nous dirigeons vers une dépression, une forme plus sévère de récession. Une récession est un passage obligé d’une économie en santé. On peut voir ça comme un bouton reset qui remet tout en ordre.
Oui, des gens peuvent perdre leur emploi (comme des employés des compagnies aériennes à l’heure actuelle), mais les activités reprendront un jour ou l’autre. Pour mes lecteurs qui approchent de la retraite, les baisses de marché peuvent créer une certaine angoisse, car ils touchent à leurs projets pour leurs vieux jours. Encore une fois, il faut faire preuve de patience et ne pas céder à la tentation de tout liquider pour sauver les meubles.
6 – C’est un bon moment pour puiser dans le fonds d’urgence, au besoin
Si vous avez suivi les conseils de sites Web financiers ou de professionnels de la finance, vous avez sûrement tenté de mettre de l’argent de côté pour les imprévus. En fait, les économistes s’entendent pour dire que le fonds d’urgence idéal représente l’équivalent de trois à six mois de dépenses.
Si vous avez des enfants au Québec, vous serez peut-être obligé de vous absenter du travail pour vous occuper de vos bouts de chou pour les deux prochaines semaines. Si tel est le cas et que votre poste ne permet pas le télétravail, alors je considère que le temps est venu de toucher à cet argent sacré.
Vous n’avez pas encore de fonds d’urgence? Il n’est pas trop tard! Les prochaines semaines s’annoncent remplies d’incertitudes; quelques économies sont indispensables si la fermeture des écoles et des services de garde se poursuit. Oh, et si vous êtes du genre à acheter cinq paquets jumbo de papier cul, vous avez les moyens d’épargner. Alors, lâchez-moi le Costco et les rouleaux, mettez de l’argent de côté et allez en paix!
Le mot de la fin : Nous sommes dans une période remplie d’incertitudes. Les marchés ont peut-être perdu beaucoup de terrain, mais tout comme pour la COVID-19, il ne faut surtout pas laisser le sentiment de panique l’emporter. Ultimement, nous passerons à travers tous ces aléas. Entre-temps, soyez prudent et, surtout, n’oubliez pas de vous laver les mains! 😉
À vous de jouer : Est-ce que cette situation vous inquiète, que ce soit sur le plan de la finance ou de la santé? Partagez vos commentaires pour poursuivre la discussion!